Le jeudi, c'est âtelier d'écriture, enfin, c'est un jeudi par mois.
Je note ici le principe de l'âtelier d'écriture pour ceux qui connaissent pas. En gros, on se réunit avec des gens qui aiment écrire, comme nous, ça tombe bien, n'est ce pas. On nous impose une exercice, souvent très contraignant, et on doit produire un texte répondant à cet exercie en 20 minutes. L'intérêt majeur, c'est que ça dédramatise forcément le rapport à l'écriture. Bref; une fois ce texte écrit, on le lit à haute voix, et les gens commentent, ou pas d'ailleurs.
Donc jeudi (exercice proposé par Etienne; il avait intitulé cet exercice: "le gateau mille fois bon")... On devait produire un texte comprenant les mots qui suivent :
- Varsovie
- 7h00 du matin
- Venus
- Lucifer
- Pinocchio
- Le guépard
- un groupe organisé
- la rosée
- miel
- printemps
- savourer
- une veste
- mandraque
- c’est le kiosquier qui parle (narrateur)
Etienne a été assez sympa, il nous a donné le droitde ne pas y mettre tous les mots, et de ne pas respecter le narrateur imposé (ça m'a été bien utile).
Donc voilà le texte que j'ai écrit:
Les remparts de Varsovie
Il paraît, voilà, que je promène mon cul sur les remparts de Varsovie. Un type a écrit ça sur moi, un jour, quelque part, je ne sais pas où, je ne sais pas quand, je ne sais pas s’il aimait Pinocchio, mais enfin, c’est pas très important. Ce type a écrit que je promenais mon cul sur les remparts de Varsovie.
C’était dans une chanson je crois. Ce type est un sale type, m’enfin, n’en parlons plus. Non je vous dis ça parce que je sais pas comment, mais tout le monde par ici a compris que ce gars parlait de moi. Je sais même plus qui était ce gars. Mais maintenant, voilà, c’en est fait de ma réputation. Quand c’est le matin, même quand il est, disons sept heures, je sors promener mon chien sur les remparts, et là, mazette, je vois tous les regards converger. Ah mais oui, mon cher, ils sont tous là avec leur veste, ils ont des regards de guépard. Mais oui ça se peut un regard de guépard. Même le kiosquier qui parle me regarde en coin, il ose trop rien montrer, parce que quand même, c’est moi que je lui achète un journal tous les matins.
Non mais je dis ça, je dis rien. J’m’en fous, moi, des calomnies de ce gars qui fait des chansons sur les remparts de Varsovie. Ce qu’il y a, que je voudrais lui dire, à ce gars qui sent pas la rosée et qui raconte des trucs aux gens sur mes fesses, c’est que c’est pas possible de promener son cul. Eventuellement, on promène son chien, mais enfin, on tient pas ses fesses en laisse. C’est pas possible, ça existe pas j’vous dis.
Ce qu’il y a, c’est que les gens parlent sur les autres un peu trop. On dirait qu’ils sont comme des Mandraque, moi non plus j'sais pas qui est ce gars. Les gens parlent sur les autres, mais ils se sont pas vus. Ah ça, comme on dit, on s’occupe de comment que ça se passe chez le voisin, mais chez nous c’est pas forcément mieux. Par exemple, la marchande de miel, hop, à peine le printemps et elle sort la jupette... La jupette ! En plein mois de mars ! A Varsovie!
Moi je dis ça, je dis rien. Y a pire que moi, mais voilà, c’est moi qu’on vient targuer et écrire des chansons sur mon cul, comme quoi je le promène sur les remparts de Varsovie.
Ca ne s’arrête jamais, j’vous dis.


















